éphéméride

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Les Tontons flingueurs

Dimanche 26 novembre 2006
1- Dans l'usine de Montauban


 

Monsieur Fernand

C'est quand même pas la première fois, non ?

Le 1er ouvrier

J'dis pas que c'est la première fois que vous montez à Paris Monsieur Fernand, j'dis que ça tombe mal. Si le vent est frisquet, vous avez une couverture à l'arrière et Germaine a mis du thé dans le thermos.

Monsieur Fernand

Et pourquoi pas de la quinine et un passe montagne ? On croirait vraiment que je pars au Tibet.

Le 2ème ouvrier

Au revoir Monsieur Naudin.

Monsieur Fernand

Au revoir Gustave.

Le 1er ouvrier

Monsieur Fernand, la foire battra pas son plein avant dimanche, si vous pouviez quand même être là.

Monsieur Fernand

Je t'ai déjà dis que j'en avais pour 48 heures maximum, et puis enfin bon dieu quoi, vous avez quand même pas besoin de moi pour aligner 10 tracteurs dans un stand non ? Hein ? ... Tachez plutôt qu'elle tombe pas en panne comme la dernière fois.

Le 1er ouvrier

Qu'est ce qui a été en panne ?

Monsieur Fernand

La dépanneuse.

Le 1er ouvrier

Oh ! Monsieur Fernand ...

Par jeanphi
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Lundi 27 novembre 2006
2 - Le bowling

 

Monsieur Fernand
(monologue dans sa voiture devant le bowling)

“Louis de retour : présence indispensable”. Présence indispensable !… Après 15 ans de silence, y'en a qui poussent un peu quand même. 15 ans d'interdiction de séjour ; pour qu'il abandonne ses cactus et qu'il revienne à Paris, faut qu'il lui en arrive une sévère au vieux Louis ; ou qu'il ait besoin de mon pognon, ou qu'il soit tombé dans une béchamel infernale.

(A l’arrivée dans le bowling)

Henri

Eh bien ma vieille, tu nous fais attendre, la route a pas été trop toc ?

Monsieur Fernand

Ben, suffisamment.

Henri

Ça fait plaisir de te revoir, le Mexicain commençait à avoir des impatiences.

Monsieur Fernand

La preuve qu'il est revenu c'est pas un char.

Henri

Oh ben, je me serais pas permis.

Monsieur Fernand

Ça fait quand même une surprise non ?

Henri

Les surprises, t'es peut être pas au bout, viens !

(à suivre...)

Par jeanphi
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Mardi 28 novembre 2006

3 - Dans la chambre du Mexicain

Henri à Pascal

C'est Fernand !

Pascal à Louis

Monsieur Fernand est là !

Louis

Oui, qu'il entre, qu'il entre ! Et ben c'est pas trop tôt, je croyais que t'arriverais jamais ou bien que t'arriverais trop tard.

Monsieur Fernand

Tu sais, 900 bornes, faut quand même les tailler.

Louis

Ça fait quand même plaisir de te revoir, vieux voyou !

Monsieur Fernand

A moi aussi ...

Louis

Et j'ai eu souvent peur de clamser là bas au milieu des macaques sans avoir jamais revu une tronche amie, et c'est surtout à la tienne que je pensais.

Monsieur Fernand

Tu sais moi aussi c'est pas l'envie qui me manquais d'aller te voir mais on fait pas toujours ce qu'on veut. Et toi ? J'ai pas entendu dire que le gouvernement t'avait rappeler, qu'est ce qui t'a pris de revenir ?

Louis au toubib

Merci toubib, merci pour tout.

Louis à Henri

Henri dis-leur de monter...

Monsieur Fernand

Pardon. Je crois qui vaut mieux quand même …

Louis

Me coupe pas, sans quoi on aura plus le temps.

Louis à Henri

Henri, fais tomber 100 sacs au toubib !

Monsieur Fernand

Bon alors ? Qu'est ce qui se passe Louis ?

Louis

Je suis revenu pour caner ici et pour me faire enterrer à Pantin avec mes viocs. Les Amériques c'est chouette pour prendre du carbure, on peut y vivre aussi à la rigueur, mais question de laisser ses os, y'a que la France. Et je décambute bêtement, et je laisse une mouchette à la traîne, Patricia, c'est d'elle que je voudrais que tu t'occupes.

Monsieur Fernand

Et ben dis donc, t'en as de bonnes toi !

Louis

T'as connu sa mère, Suzanne "beau sourire" ?

Monsieur Fernand

T'es marrant dis donc c'est plutôt toi qui l'a connue.

Louis

Au point de vue oseille je te laisse de quoi faire ce qu'il faut pour la petite. J'ai des affaires qui tournent toutes seules ; maître Folace, mon notaire t'expliquera. Bah, tu sais combien ça laisse une roulette, 60% de velours.

Monsieur Fernand

Et sur le plan des emmerdements, 36 fois la mise. Ah, écoutes Louis, ta môme, tes affaires, tout ça c'est bien gentil mais... Moi aussi j'ai mes affaires, tu comprend ? Et les miennes en plus, elles sont légales.

Louis

Ouais, j'ai compris : les potes, c'est quand tout va bien.

Monsieur Fernand

Ça va pas toi, dis ? Hein ? J'ai pas dis ça !

Louis

Non, non, t'as pas dis ça, t'as pas dis ça mais tu livrerais ma petite Patricia aux vautours ; oh, mon petit ange...

Monsieur Fernand

Ton petit ange, ton petit ange, hein ?

Louis

Oui, oh, maintenant que t'es dans "l'honnête", tu peux pas savoir le nombre de malfaisants qu'il existe, le monde en est plein. Ils vont me la mettre sur la paille, ma petite fille. On va la dépouiller et on va tout lui prendre. Je l'avais faite élever chez les sœurs, apprendre l'anglais enfin ... tout. Résultat : elle finira au tapin, et ce sera de ta faute, t'entends ? Ce sera de ta faute.

Monsieur Fernand

Arrêtes un peu hein ? Depuis plus de vingt piges que je te connais, je te l'ai vu faire 100 fois ton guignol alors hein ? Et à propos de tout : de cigarettes, de came, de nanas, ça toujours été ton truc à toi. Et une fois je t'ai même vu chialer, alors tu vas pas me servir ça à moi non ?

Louis

Si !! Ben, tu te rends pas compte, saligaud, qu'elle va perdre son père, Patricia ; que je vais mourir ?


Monsieur Fernand

J'te connais, t'en est capable. Voilà dix ans que t'es barré, tu reviens et je laisse tout tomber pour te voir et c'est pour entendre ça ? Et moi comme une pomme ....

Toc toc toc


Monsieur Fernand

Entrez !

Pascal, Henri, Raoul Volfoni, Théo, l’ami de Théo et Paul Volfoni entrent dans la chambre


Louis

Ben dis donc Théo, t'aurais pu monter tout seul ?

Théo

Si cette présence doit vous donner de la fièvre...

Louis

Oui, chez moi quand les hommes parlent, les gonzesses se taillent.

L'ami de Théo (chuchotant)

Je t'attend en bas.

Théo (chuchotant)

A tout de suite…

Louis

Voilà je serai bref. Je viens de céder mes parts à Fernand ici présent. C'est lui qui me succède.

Raoul Volfoni

Mais, tu m'avais promis de m'en parler en premier !

Louis

Exact ! J'aurais pu aussi organiser un référendum, mais j'ai préférer faire comme ça. Pas d'objections ? Parce que moi j'ai rien d'autre à dire. Je crois que tout est en ordre, non ?

Tous sortent de la pièce, sauf Pascal et Monsieur Fernand

Louis

Pascal ? Pascal ?

Monsieur Fernand

Oh Louis, ben Louis ? Quoi ? Merde, Pascal ?

Louis

Je vais plus vous retenir longtemps.

Monsieur Fernand

Déconnes pas Louis !

Louis

Tu sais de quoi je parle.

Monsieur Fernand

Tu veux pas que j'ouvre la fenêtre un petit peu ? Hein ? Merde. Regardes, il fait jour.

Louis

D'ici... On voit ... Que le ciel ! Mais je m'en fous du ciel ... J'y serai un petit homme. Moi ce qui m'intéresse ... C'est la rue. Et ils m'ont filé directement de l'avion dans l'ambulance ... J'ai rien pu voir. Dit donc, ça a du drôlement changé hein ?

Monsieur Fernand

Tu sais, pas tellement quoi !

Louis

Racontes quand même !

Monsieur Fernand

Et ben ... C'est un petit matin comme tu les aime ... Comme on les aimait quoi ... Les filles sortent du lido, tiens ! Pareil qu'avant. Tu te souviens? C'est à c't'heure là qu'on emballait.

(à suivre...)

Par jeanphi
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Mercredi 29 novembre 2006
4- Dans le bowling

 
Monsieur Fernand

Si un jour on m'avait dis qu'il mourrait dans son lit celui-là ?

Théo

“Das Leben eines Man ist zwischen Himmel und Erde vergegen der Sprung eines jungen weißes Fohlen über einen Graben... ein Blitz... pfft... es ist verbeit...” [La vie d'un homme entre ciel et terre passe comme le saut d'un poulain blanc franchissant un fossé... un éclair... et c'est fait...]... Chine... IV siècle avant Jésus Christ.

Henri

On est ... On vit ... On trépasse ...c'est comme ça pour tout le monde.

Raoul Volfoni

Pas forcement ! Enfin, je veux dire : on meurt pas forcement dans son lit ! Ben voyons !

Monsieur Fernand à Henri

Dis donc, j'tiens plus en l'air moi, t'aurais pas une bricole à grignoter là. C'est à toi ça? (cigarettes)

Henri

Sers toi !

Raoul Volfoni

Y'a vingt piges le Mexicain, tout le monde l'aurait donné à cent contre un : flingué à la surprise, mais c't'homme là, ce qui l'a sauvé : c'est sa psychologie.

Paul Volfoni

Tout le monde est pas forcement aussi doué.

Pascal

La psychologie, y'en a qu'une : défourailler le premier !

Théo

C'est un peu sommaire, mais ça peut être efficace.

Raoul Volfoni

Et le Mexicain, ça été une épée, un cador; moi je suis objectif, on parlera encore de lui dans cent ans. Seulement, faut bien reconnaître qu'il avait décliné, surtout de la tête.

Paul Volfoni

C'est vrai que sur la fin, il disait un peu n'importe quoi. Il avait comme des vapes, des caprices d'enfants.

Monsieur Fernand à Henri

Merci Henri.

Raoul Volfoni

Enfin, toi qu'y a causé en dernier, t'as sûrement remarqué ?

Monsieur Fernand

Remarquer quoi ?

Raoul Volfoni

T'as quand même pas pris au sérieux cette histoire de succession ?

Monsieur Fernand

Pourquoi ? Fallait pas ? Ben, j'ai eu tort.

Paul Volfoni

Ah ! Et voilà ! Tu vois Raoul, c'était pas la peine de s'énerver, monsieur convient.

Raoul Volfoni

Y'en a qui abuseraient de la situation, mais mon frère et moi c'est pas notre genre. Qu'est ce qu'on peut faire qui t'obligerait ?

Monsieur Fernand

Décarrer d'ici. J'ai promis à mon pote de m'occuper de ses affaires. Seulement puisque je vous dis que j'ai eu tort, là. Seulement tort ou pas tort, maintenant, c'est moi le patron. Voilà.

Henri (lui tendant le téléphone)

Pascal !!

Pascal au téléphone

Oui ?

Paul Volfoni

Ecoutes : on te connaît pas. Mais laisses nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des nervousses brékdones comme on dit de nos jours.

Monsieur Fernand

J'ai une santé de fer. Voilà quinze ans que je vis à la campagne : que je me couche avec le soleil, et que je me lève avec les poules.

Henri

Y'a du suif chez Tomate, trois voyous qui chahutent la partie ; les croupiers ont les fois pour la caisse, ils demandent de l'aide.


Monsieur Fernand

Ça arrive souvent ?

Théo

Jamais !

Pascal

Ça doit pouvoir se régler à l'amiable.

Henri

Si tu tiens à regagner ta province rapido, t'auras intérêt à aller voir, ce serait toujours ça de gagné, c'est sur ton chemin.

Henri

Oh ! Les Volfoni. T'inquiètes pas !

Théo

“La bave du crapaud n'empêche pas la caravane de passer.”

Henri

Tchiao !

Monsieur Fernand

Dis donc ça te gène pas qu'on y aille ensemble ?

Pascal

C'est pas que vous me gênez Monsieur Fernand, mais je ne sais pas si ça va bien vous plaire ?

Monsieur Fernand

Ben ça, je te le dirais !

L'ami de Théo (chuchotant)

A ton avis, c'est un faux caïd ou un vrai branque ?

Théo

Pour moi, c'est rien du tout. Un coup de téléphone, et dix minutes après ... Il existe plus.

(à suivre...)

Par jeanphi
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Vendredi 1 décembre 2006
5- En voiture

Pascal et Monsieur Fernand dans la voiture en chemin pour rejoindre le casino de Tomate


Pascal

J'admet qu'ils ont l'air de deux branques, mais je n'irais pas jusqu'à m'y fier, non ? C'est quand même des spécialistes. Le jeu, ils ont toujours été là dedans les Volfonis-bernés : à Naples, à Las Vegas, partout où il y a des jetons à racler, ils tenaient les râteaux hein ?


Monsieur Fernand

Mais ... Et l'autre là ? Le coquet ?

Pascal

L'ami fritz ? Il s'occupe de la distillerie clandestine.

Monsieur Fernand

C'est quand même marrant les évolutions. Quand je l'ai connu le Mexicain, il recrutait pas chez tonton.

Pascal

Vous savez ce que c'est non ? L'âge, l'éloignement... A la fin de sa vie, il s'était penché sur le reclassement des légionnaires.

Monsieur Fernand

Ah ! Si c'était une œuvre, alors là !! Là, c'est autre chose.

(à suivre...)

Par jeanphi
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Samedi 2 décembre 2006
6- A l’arrivée chez Tomate

 

Pascal

Voilà, ici c'est chez Tomate.

Monsieur Fernand

Je m'attendais à quelque chose de plus important ; mais c'est un clapier !

Pascal

D'après Tomate, ce qui passionne le joueur c'est le tapis vert, ce qui il y a autour, il s'en fout, il voit même pas. Planque toi !

Une voiture arrive. Un homme tire à la mitraillette sur Pascal et Monsieur Fernand. La voiture fait un second passage. Pascal riposte et tue les deux occupants ; la voiture finie dans le fossé.

Pascal

A l'affût sous les arbres, ils auraient eu leur chance, seulement de nos jours il y a de moins en moins de techniciens pour le combat à pied, l'esprit fantassin n'existe plus ; c'est un tort.

Monsieur Fernand

Et c'est œuvre de qui d'après toi, des Volfoni ?

Pascal

Ce serait assez dans leurs sales manières ; Monsieur Fernand ? Je serais d'avis qu'on aborde molo, des fois qu'on serait encore attendu... Mais, sans vous commander, si vous restiez un peu en retrait... Hein ?

Monsieur Fernand

Ouais, n'empêche qu'à la retraite de Russie, c'est les mecs qu'étaient à la traîne qu'ont été repassés.

(à suivre...)

Par jeanphi
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Samedi 2 décembre 2006
7- Chez Tomate

 

Tomate

C'est toi qui fait tout ce foin ?

Pascal

Je m'excuse. Monsieur Fernand, le nouveau taulier.

Tomate

J'étais pas au courant.

Pascal

Comme ça, tu l'es !

Tomate

Je suis Tomate, le gérant de la partie.

Monsieur Fernand

Bonjour.

Tomate

Enchanté, mais qu'est ce que c'était que cette fusillade ? On ne se serait pas permis de vous flinguer sur le domaine.

Monsieur Fernand

Et ben, on s'est permis.

Pascal

Tomate ?

Tomate

Oui ?

Pascal

Tu devrais envoyer Freddy faire un tour ; y'a une charrette dans le parc avec deux gars dedans, ça fait désordre ... Où sont les autres ?

Tomate

Quels autres ?

Pascal

Les mecs qui faisaient du scandale.

Tomate

Du scandale ici ? Mais j'aimerais comprendre.

Pascal

Moi aussi.

Monsieur Fernand

Mais c'est pas vous qui avez téléphoné ?

Tomate

La nuit était tout ce qu'il y a de normal.

Pascal

Qu'est ce que c'est que cette embrouille ?

Monsieur Fernand

Le numéro d'Henri ?

Pascal

Mazac 44 05.


Au bowling

Monsieur Fernand pense

Maintenant, Henri, y peut plus expliquer les choses à personne ... Trois morts subites en moins d'une demi heure. A ça part sévère les droits de succession.

(à suivre...)

Par Lafont
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Dimanche 3 décembre 2006
8 - Chez le Mexicain

Monsieur Fernand et Pascal arrive dans la demeure du Mexicain

 


Pascal

Le Mexicain l'avait achetée en viager à un procureur à la retraite. Après trois mois l'accident bête : une affaire !

Jean

Welcome sir, my name is John !

Monsieur Fernand

?

Pascal à maître Folace

Il est mort, il y a deux heures. On aurait pu être là plus tôt mais on a été retardé. Des espèces de contestation ; et puis ... Henri s'est fait descendre.


Maître Folace

Les Volfoni ! Quand le lion est mort, les chacals se disputent l'empire. Enfin, on ne peut pas demander plus aux Volfoni qu'aux fils de charlemagne. Ah ! Maître Folace, notaire.

Monsieur Fernand

Bonjour monsieur.

Maître Folace

Heureux de vous accueillir, j'aurais préférer bien sûr que ce soit dans d'autres circonstances. Votre chambre est prête, le Mexicain avait donné des ordres.


Monsieur Fernand

Et bien, vous êtes gentil, je vous remercie, mais ... ce qui m'arrangerais surtout, c'est si on pouvait régler nos affaires dans la journée.

Maître Folace

Vous étiez l'ami de Louis depuis longtemps ?

Monsieur Fernand

Depuis toujours.

Jean

Mademoiselle va avoir du chagrin.

Maître Folace

Ah non ... Stop ... Sujet interdit, attention messieurs, pas de fausses notes, la volonté du défunt est formelle : pour Patricia, le plus longtemps possible, son papa se porte comme un charme. Il joue les santors quelque part dans les sierras Mexicaines, mal déservies par la poste, ce qui explique son silence.

Pascal

Bon, je dois partir. Maître Folace sait toujours où me joindre, j'habite chez ma mère.

Monsieur Fernand

Oui merci.

Maître Folace

Je suis bien content que vous soyez là vous savez ? Parce que moi avec la petite, j'y arrive plus. C'est peut être parce que je la connais depuis trop longtemps. Pensez, c'est moi qui l'aie tenu sur les fonds baptismaux, alors.

Jean

Y'avait une belle cérémonie, mademoiselle était déjà ravissante.

Maître Folace

Dites moi mon ami, si vous montiez les bagages de Monsieur Naudin ?

Jean

Yes sir

Monsieur Fernand

Dites moi, si ça vous fait rien, j'aimerais bien qu'on aborde un p'tit peu les choses sérieuses. Parce qu'après tout une gamine c'est bien beau ça mais faut quand même pas s'en faire pour ça non, on est bien d'accord ?

Maître Folace

Ah mais moi je ne m'en fais pas, je ne m'en fais plus. Maintenant qu'vous êtes là, c'est vous que ça regarde.

Monsieur Fernand

Comment ça moi ?

Maître Folace

Eh ben ? Vous avez accepté de vous occuper d'elle non ?

Monsieur Fernand

Ben oui.

Maître Folace

A la bonne votre mon cher. Vous allez connaître tout ce que j'ai connu : les visites aux directrices, les mots d'excuses, les billets de renvoi ...

Monsieur Fernand

Vous allez quand même pas dire que mademoiselle Patricia s'est fait éjecter non ?

Maître Folace

Ha, de partout mon cher. Mademoiselle n'a jamais tenu plus de six mois ; juste le temps d'user les patiences. Oui, vraiment, je suis content que vous soyez là.

Monsieur Fernand

Pas pour longtemps, ça va changer vite, c'est moi qui vous le dit ; la boite que je vais lui trouver, va falloir qu'elle y reste, croyez moi ! Ou si non, je vais la filer chez les vraies sœurs, les vraies, pension au bagne avec le réveil au clairon et tout le toutim, non mais sans blague ?


Maître Folace

Et bien, vous le lui direz à elle.

Monsieur Fernand

J'vais lui dire, et puis tout de suite. Où est-elle ?

Maître Folace

Elle dort. Elle a organisé une petite sauterie qui nous a entraîné jusqu'à trois heures du matin.

Jean

Your room is ready sir !

Maître Folace

Il veut dire que votre chambre est prête.

Monsieur Fernand

Ah bon. Dites donc, il picole pas un peu votre british ?

Maître Folace

Oh la la ! Et puis il est pas plus british que vous et moi ; c'est une découverte du Mexicain.

Monsieur Fernand

Il l'a trouvé où ?

Maître Folace

Ici, il l'a même trouvé devant son coffre fort. Y'a dix sept ans de ça. Avant d'échouer devant l'argenterie, l'ami jean avait fracturé la commode louis XV. Le Mexicain lui est tombé dessus juste au moment où l'artiste allait attaqué les blindages au chalumeau.

Monsieur Fernand

Et bien, je vois d'ici la petite scène.

Maître Folace

Vu ses principes le patron pouvait pas le donner à la police. Il a accepté de régler lui-même les dégâts. Résultat : Jean est resté ici trois mois au père comme larbin pour régler la petite note. Et puis, la vocation lui est venue, le style aussi, peut être également la sagesse. Dans le fond, nourri, logé, blanchi, deux costumes par an, pour un type qui passait la moitié de sa vie en prison ...

Monsieur Fernand

Il a choisi la liberté quoi !

(à suivre...)

Par jeanphi
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Lundi 4 décembre 2006
9 - Dans la salle de bains

Dans la salle de bains où Monsieur Fernand fait sa toilette

 

Patricia

Oh, c'est drôle, je vous voyais plus grand, plus bronzé, mais c'est pas grave ; vous êtes bien l'oncle Fernand ?

Monsieur Fernand

Ben ... Oui.

Patricia

On pourrait peut être s'embrasser ? Ça se fait.

Monsieur Fernand

Ah bon ben alors ... Si ça se fait, allons-y ! Dis donc, heureusement que je viens de me raser.

Patricia

Papa m'avait annoncé votre arrivée.

Monsieur Fernand

Quand ça ?

Patricia

Dans sa dernière lettre, il y a bien un mois. Ça vous étonne ?

Monsieur Fernand

Euuuuh ... Non, oh non.

Patricia

Y'avait trois pages, rien que sur vous : vos aventures, vos projets, sans compter tout ce que vous avez fait pour lui.

Monsieur Fernand

Dis moi, tu sais, j'aimerais bien avoir un petit peu de thé et du pain, du beurre et peut être des œufs au bacon aussi. Tu pourrais pas t'occuper de ça en bas ?

Patricia

Du thé à sept heures du soir ?

Monsieur Fernand

C'est à dire qu'en ce moment, j'suis un tantinet décalé dans mes horaires, oui.

Patricia

Ah bon ! Oh ! Au fait, ça a du être quelque chose la fois où vous l'avez sorti du fleuve ?

Monsieur Fernand

Qui ça ?

Patricia

Ben papa. Il m'annonçait dans sa lettre : "Fernand m'a sorti d'un drôle de bain". Ce qu'il a oublié de me dire, c'est quel fleuve c'était ?

Monsieur Fernand

Ecoutes, soit gentille, moi je meurs de fin, alors va t'occuper de mon petit en-cas, tu veux ?

Patricia

Vous ne voulez pas me répondre ?

Monsieur Fernand

Mais c'est pas que je veux pas mais comment tu veux que je m'en rappelle moi, hein ? La bas des fleuves t'as que ça, à droite, à gauche, devant, derrière, partout, et bourrés de crocodiles en plus, voilà t'es contente maintenant ? Bon alors maintenant va, et laisses moi finir ma toilette, et puis on parlera après hein ? Parce que tu t'en doutes Patricia, faut quand même qu'on parle.

Patricia

Oui, mon oncle.

Monsieur Fernand

Qu'on parle de choses sérieuses.

Patricia

Oui tonton. Ça ne vous ennuie pas que je vous appelle tonton ? Vous en avez tué beaucoup ? ... Des crocodiles ; et là bas y'a que ça, devant, derrière, à gauche, à droite, partout ! Bon, eh bien, je vais m'occuper de votre thé.

(à suivre...)

Par jeanphi
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Mardi 5 décembre 2006
10 - Dans la cuisine

Maître Folace

Puisque la fermeté a l'air de vous réussir je vais vous donner l'occasion de vous distinguer.

Monsieur Fernand

A propos de quoi ?

Maître Folace

D'argent ! D'argent qui ne rentre pas. Depuis deux mois les Volfoni n'ont pas versé les redevances de la péniche. Tomate a plus d'un mois de retard, et Théo etc ...

Monsieur Fernand

Mais qu'est ce que c'est ? Une révolte ?

Maître Folace

Non sire, une révolution ! Personne ne paie plus rien !

Monsieur Fernand

Non mais, ces mecs auraient pas la prétention d'engourdir le pognon de ma nièce, non ?

Maître Folace

On dirait.

Monsieur Fernand

Le Mexicain était au courant ?

Maître Folace

Ah non non surtout pas ! C'était un homme à tirer au hasard sans discernement, alors les ragots dans la presse, si c'était tombé sous les yeux de la petite, vous voyez ça d'ici !

Monsieur Fernand

Ouais, c'que j'vois surtout, si on doit arriver à flinguer, vous préférez que ce soit moi qui m'en charge, c'est ça ?

Maître Folace

Un tuteur, c'est pas pareil

Monsieur Fernand

Ça se guillotine aussi bien qu'un papa !

Maître Folace

Mais qui vous demande d'intervenir personnellement ? Nous avons Pascal. Je le convoque ou pas ?

Monsieur Fernand

Si je devais pas être à la foire d'Avignon dans 48 heures, j'dirais non, mais je suis pris par le temps. Et puis je reconnais que c'est jamais bon de laisser dormir les créances, et surtout de permettre au petit personnel de rêver.

(à suivre...)

Par jeanphi
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