à la télévision (suite)
![]() | Mais quelle déception ! Certes, une adaptation, qu'elle soit pour le petit ou le grand écran, laisse toujours le champ libre à une certaine marge de manoeuvre vis-à-vis de l'oeuvre originale. Certes. Mais en l'occurence, le démommé Adam Armus a fait plus que prendre des libertés avec l'oeuvre de Verne que vous suivez ici. Avant d'y revenir, un mot sur le réalisateur. Russel Mulcahy connut sa première oeuvre de gloire en tant que faiseur de clips vidéo avant de connaître un succès réel avec RAZORBACK puis, surtout, HIGLANDER. Par la suite, jusqu'au début des années 90, il enchaîna des films bâclés, sans succès qui l'envoyèrent travailler dans les limbes télévisées. Il semble que son purgatoire prenne fin puisqu'il a réalisé le troisème opus de la franchise RESIDENT EVIL. |
| Néanmoins, il n'y a pas de quoi être fier du résultat de cette ILE MYSTERIEUSE qui, tout en louchant du côté de l'hommage aux films de pirates et de chasse au trésor, ainsi qu'à ceux de monstres géants, ne réussit pas à faire illusion. Il faut dire que deux ans avant, Gore Verbinski avait relancé avec éclat le genre dans PIRATES DES CARAIBES et que le téléfilm pâtit de la comparaison. Il en va de même de l'aspect grosses bestioles qui est mal amené, mal produit (faute de moyens on suppose) et sans imagination, par comparaison, par exemple, avec le ARAC ATTACK (EIGHT LEGGED FREAKS) de Ellory Elkayem. Et oui, parce que parmi les trouvailles du scénariste téléguidé par desproducteurs peu scrupuleux, on trouve : une île peuplée de créatures géantes (foumi, rat, serpent, rapace, scorpion, araignée...) en raison de la présence d'un matériau radioactif (le forium). Quand on sait que Becquerel ne découvrit la dite radioactivité qu'en 1896 et que le roman de Verne date de 1874... Mais l'alibi-prétexte radioactif est essentiel (même si on ne le voit jamais) car il doit servir à alimenter la bombe que le capitaine Némo construit afin, après l'avoir utilisée, de dissuader à jamais les grandes puissances de se faire la guerre ! Eh oui ! dans cette version, le capitaine Némo a pris résidence dans un habitat troglodyte et il fiat des expériences avec un suel serviteur, Joseph, à l'abri derrière une clôture électrifiée qui ressemble à s'y méprendre à celle de JURASSIC PARK ! ! Qu'est-ce que j'oublie ? Ah oui ! les pirates ! ! Trouvant sans doute que le roman manquait de rebondissements, le scénariste a imaginé qu'un trésor était caché dans cette île et qu'un médaillon en deux parties devait permettre de le retrouver. Cela génère donc une sous-intrigue sans intérêt autre que de donner lieu à des combats divers, à l'enlèvement et le sauvetage de la jeune Helen et à ridiculisuer Vinnie Jones en lui faisant incarner un chef pirate sans épaisseur. Et j'en arrive, évoquant Helen, au désastre intrinsèque de cette adaptation télévisée ratée : l'équipage du ballon qui fuit la guerre de Sécession. En lieu et place de l'ingénieur Cyrus Smith, de son domestique Nab, de son chien Tom, du marin Pencroft, du journaliste Gideon Spilett et du jeune Harbert, on se retrouve avec le capitaine Cyrus Smith, son ami Nab, le colonel confédéré Pencroft, un soldat nordiste, Jane, une infirmière et sa fille Helen. Exit, donc, le chien, et bienvenue aux personnages féminins qui, certes, manquaient au roman de Verne, mais n'apportent ici aucun intérêt réel. Cyrus Smith redevient providentiellement ingénieur dès son sauvetage par Némo, Pencroft se révèle un pleutre attiré par le trésor, et le soldat meurt avant qu'on ait eu le temps d'apprenre son nom. Jane est interprétée par la charmante Gabrielle Anwar mais cela ne suffit pas. |
![]() | Ni fait ni à faire, ce mauvais téléfilm m'a surtout redonné envie de revoir le feuilleton franco-espagnol de 1973 réalisé par juan Antonio Bardem et Juan Copi avec Omar Shariff en Capitaine Némo et Philippe Nicaud en Gideon Spilett... |
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