Les tontons flingueurs (32)

Publié le par jeanphi

32 - Chez Antoine

Monsieur Fernand rentre dans l'appartement d’Antoine en pleine création musicale

 

Antoine de la Foy

Ah nom de Dieu, de nom de Dieu, mais où faut-il s'expatrier mon Dieu pour avoir la paix ? Au Groenland, à la Terre de feu, j'allais toucher l'anti-accord absolu, vous entendez : ABSOLU. La musique des sphères... Mais qu'est-ce que j'essaie de vous faire comprendre, homme-singe ?

Monsieur Fernand

Vous permettez ?

Antoine de la Foy

Ah non !

Monsieur Fernand

Monsieur de la Foy, quand vous aurez terminé avec vos instruments de ménage ...

Antoine de la Foy

Oh, vous entendez ça, des instruments de ménage, l'ironie du primate, l'humour Louis Phillipard, le sarcasme Prud'homesque. Monsieur Naudin, vous faites sans doute autorité en matière de Bulldozer, de tracteur et caterpillar, mais vos opinions sur la musique moderne et sur l'art en général, je vous conseille de ne les utiliser qu'en suppositoires. Voilà ! Et encore, pour enfant. J'ajouterais qu'ayant dormi à la porte de chez vous, je comprend mal ...

Monsieur Fernand

Où est Patricia ?

Antoine de la Foy

Je comprends mal disais-je votre présence chez moi !

Monsieur Fernand

OU EST PATRICIA ?

Patricia

Ici mon Oncle ... Bonjour !

Monsieur Fernand

Mais enfin ... Comment Patricia, qu'est ce que tu fais là ? Qu'est ce que ça veut dire tout ça ?

Patricia

Tu vois, je civette, je bainmarise, je ragougnasse. Je donne à Antoine tout apaisement dans l'avenir. Logique non ? Il doit passer sa vie avec moi.

Monsieur Fernand

Passer sa vie ?

Patricia

Naturellement, tu restes déjeuner avec nous ? Chéri !

Antoine de la Foy

Oui ?

Patricia

Tu devrais descendre chez l'Italien, je crois que nous allons manquer de vin.

Antoine de la Foy

Oncle Fernand préfère le Bordeaux ou le Bourgogne ? Hein ? ... Ben on prendra les deux.

Patricia

Ça ne va pas, qu'est ce que tu as ?

Monsieur Fernand

Euh ... J'deviens louf', c'est tout !

Patricia

Oh, mon civet qui brûle ! Tu peux venir tu sais.

Monsieur Fernand

Ecoutes Patricia ... Qu'est ce qui t'a pris de partir comme ça? Hein. Tu nous a fais faire un mauvais sang du diable !

Patricia

Qu'est ce qui t'a pris de mettre Antoine à la porte ?

Monsieur Fernand

Tu veux mon avis ?

Patricia

C'est bien pour ça que je te le fais goûter.

Monsieur Fernand

Non, mais c'est pas de ça qu'il s'agit, c'est de mon avis sur ton Antoine.

Patricia

MON Antoine, tu ne crois pas si bien dire, il m'épouse.

Monsieur Fernand

Patricia, attention, ne nous emballons pas ; d'abord est-ce que tu l'aimes, ben ... Est-ce que tu l'aimes assez pour l'épouser ?

Patricia

Oh, presque trop, c'est du gâchis ; ça méritait une liaison malheureuse, tragique, quelque chose d'espagnol, même de russe. Allez, viens donc boire un petit scotch va, ça te fera oublier ceux d'hier.

Monsieur Fernand

Hier, j'ai rien bu. Mais alors pas ça !

Patricia

Alors, pourquoi tu déambulais toute la nuit ? Tu as même fait couler deux bains.

Monsieur Fernand

Les nerfs ! Dis moi, tu comptes rentrer pas trop tard. Oui, il faudrait pas que la future belle famille aille s'imaginer que ... Nous menons une vie de bohème quand même. Parce que ton Antoine, il est bien gentil avec ses airs là, mais tu vas voir qu'il va nous faire surgir une famille comme tout le monde.

(à suivre...)

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Publié dans Les Tontons flingueurs

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